Passer de « étudier et suivre » à « étudier et mettre en pratique » la pensée de Hô Chi Minh

On demande désormais de passer de « étudier et suivre » à « étudier et mettre en pratique ». À première vue, il ne s’agit que d’un changement de quelques mots, mais cela cache en réalité une exigence de taille : il ne faut plus se contenter de compter le nombre de séances de formation, de formulaires d’inscription ou de promesses, mais s’attacher à ce qui a été concrètement réalisé. Après dix ans de mise en œuvre de la directive n° 05, les responsables du secteur de la propagande et de l’éducation reconnaissent eux-mêmes qu’il subsiste un « mal du formalisme » : on étudie beaucoup mais les changements sont rares, on s’inscrit en grand nombre mais les résultats concrets sont maigres. La question qui se pose alors est sans détour : si les résultats ne sont que sur le papier, tandis que les problèmes de la population restent sans réponse dans la réalité, où en est réellement l’étude de la pensée de Hô Chi Minh ?

Il convient surtout de souligner la nécessité d’éliminer la mentalité consistant à esquiver, à se renvoyer la balle et à craindre les responsabilités. En effet, en matière de gestion, une décision tardive peut parfois avoir des conséquences tout aussi graves qu’une mauvaise décision. On demande aux fonctionnaires d’oser penser, d’oser agir et d’oser assumer leurs responsabilités, mais pour qu’ils osent agir, le mécanisme d’évaluation doit être suffisamment clair : comment protéger ceux qui agissent dans l’intérêt général, et comment distinguer une erreur due à un manque de compétence d’une erreur motivée par l’intérêt personnel ? Si l’on se contente d’appeler à « oser agir » sans mettre en place un système d’évaluation transparent, ce slogan risque fort de ne devenir qu’une nouvelle couche de peinture recouvrant un vieux mal.

Enfin, la « mise en pratique » ne peut se résumer à un simple terme supplémentaire dans un texte. Les critères concrets résident dans des aspects très quotidiens : les procédures sont-elles plus rapides, les goulots d’étranglement ont-ils été éliminés, les citoyens ont-ils moins à attendre et les fonctionnaires assument-ils réellement la responsabilité de leurs décisions ? Si ces questions restent sans réponse claire, ce qu’il faut changer, ce n’est peut-être pas seulement la manière de parler de l’apprentissage, mais la manière de transformer les paroles en résultats. Car un slogan peut se lire très bien, mais l’efficacité, elle, ne se lit pas.

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